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29.05.2007
sevré de toi
Il m’en a fallu du temps. Rome ne s’est pas faite en un jour dit on. Moi il m’a fallu, des jours et des jours de rhum, en fuite sur la route, de ces jours sombres qu’une ombre voile de sa malice. Quelques nuits blanches, aussi, à sombrer de n’être plus en lice.
Oublier, me faire un torticolis pour regarder droit devant. Et devant seulement. Ne plus pouvoir baisser la tête sous un poids trop lourd pour moi. Ne plus pouvoir lever les yeux au ciel de désespoir. Ou guidé par de vains espoirs, c’est selon.
Surtout ne plus porter mes yeux vers l’arrière, vers ce passé qui m’a trop longtemps privé d’avenir.
Oublier que ma vie n’a plus de sens. Ou qu’elle les a tous, les sens. Ouvert vers une multitude de possibles effrayants, l’esclave libéré panique. Boule au ventre, mal au cœur saupoudré d’un soupçon de rancœur. Mais je ne sais si c’est le manque ou l’infini futur qui me donne à ce point final la nausée.
Maintenant ça va mieux. Mieux que mieux même : bien. Oui, je vais bien, et mieux encore. Le vide que tu remplissais durant ces longues journées passées ensembles est plein de la vie dont tu m’éloignais.
Finis. Je n’ai que trop vu notre vie et me voilà qui vis ma vie sans toi. L’éclatante douleur a fait place net, a perdu de sa superbe et s’est effondrée de sa propre gravité.
Ces mots, j’aurais pu les écrire hier. Mais je les écris aujourd’hui et ils en ont perdu toute leur criante vérité…
Je n’aurais jamais dû croiser à nouveau l’éclat ton regard…
17:40 Publié dans 1 - Orchidées | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vie, poésie, humour, journal intime, *de tout et de rien*, écriture, blog
23.05.2007
Juste quelques maux...
Une toute petite phrase. Juste quelques maux balancés comme ça, comme on se débarrasse d’un pyjama en filant sous la douche, et qui traînera plusieurs jours sur le carrelage froid de la salle de bain. Vite fait, bienfait, tout en négligence.
Si ça se trouve, elle ne s’est même pas aperçue qu’ils s’étaient échappés, ces maudits mots dits. Profits d’une faille sur ses lèvres…
De ces mots mats et opaques qui ne s’assimilent que délayés par un peu d’un temps que l’impatience refuse, étourdie. Des mots d’échec et d’abandon prononcés par faiblesse un jour de baisse de garde. Avant l’espérée et rêvée relève.
Murmures d’un soir qui n’attendent rien, sortis d’un infini néant et qu’on soupçonne plus qu’on ne les entend. Et, faits papillons, ils deviennent insoutenables, brûlant et fiévreux pour finalement s’apaiser, dissouts dans le temps, doux et réconfortants.
Des mots sédentaires qui sont restés en moi depuis tout ce temps et que rien ne me fera chasser jamais.
12:10 Publié dans 1 - Orchidées | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : vie, poésie, humour, journal intime, *de tout et de rien*, écriture, blog
21.05.2007
Boffff
Ouais, 'boffff'...
trop de boulot en ce moment, alors moins de temps pour écrire, et moins d'énergie pour peaufiner... Alors quand je relis ce que j'ai pu faire ce derniers jours / dernières semaines, ça sent le bâclé à pleines narines, ça fleure mauvaise le manque de relecture...
Mais toujours autant d'envie, ce qui peut être rare chez moi, la constance.... En général quand une activité m'intéresse, une fois que j'en ai acquis les bases, le strict nécessaire, ça me blase. Tout simplement. Surtout quand aller plus loin demande un peu de travail... Mais pour une fois, ça paraît être parti pour durer un peu...
Enfin ne parlons pas trop rapidement, adviendra ce qui doit advenir !
Ce devait être dit, voilà qui est fait ! Une chose de moins sur ma liste des choses à faire avant de mourir ! ;o)
19:36 Publié dans 4 - Narcisse | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : humeur
Elle est là....
Elle est là. Juste à portée de regard, de l’autre côté de la salle. Enfin ! Ca va faire une bonne heure que je l’attends, à siroter mon punch et à faire semblant de converser avec deux/trois amis, sans arriver à m’impliquer dans leur profonde et animée conversation sur les cours de ce matin. Il y a deux bonnes raisons à cela. Déjà ce matin je n’étais pas en cours, trop mal au crâne. Ensuite j’ai appris de la bouche d’un ami d’ami commun qu’elle viendrait ce soir, ce qui me vaut d’avoir la tête ailleurs, loin d’ici.
Et le fait est qu’elle est là, en effets. Elle a, par son arrivée impromptue, interrompu ce merveilleux dialogue, que nous tenions tous deux depuis plus d’une heure. Un échange verbeux époustouflant qui me permettait de briller d’aisance et de décontraction, lui arrachant quelques sourires complices par mes réflexions pleines d’esprit.
Elle m’a violement arraché à ces rêveries, les déchiquetant d’un simple regard.
Ce regard lointain, si souvent pris pour un mélange de mépris hautain et d’ennui. Troublante erreur d’appréciation. C’est un regard de feuille qui tombe, un regard de pluie fine qu’elle sème autour d’elle comme autant de graines, qui germeront plus tard dans les cœurs les plus fertiles. Des yeux d’automne quoi.
Face à une telle personnalité oculaire, y a-t-il d’autre stratégie possible que la fraîcheur d’une œillade enjouée ? En tout cas, moi je n’en ai pas d’autres. Alors je tente ma chance et pose sur son visage des yeux qui pétillent de vie, en y ajoutant un soupçon d’énigmatique, et une pointe d’assurance. Pas facile à réaliser mais infaillible quand il est réussi : pas besoin de mots inutiles, pas besoin de futiles paroles. Elle ne peut pas ne pas comprendre !
De temps en temps ces deux complémentaires se croisent, furtivement. Puis elle se détourne à nouveau. Pudeur féminine, sûrement, qui ajoute encore à sa beauté.
Et voilà que le contact est perdu. Une ombre s’est glissé que je n’arrive pas à distinguer, de là où je suis.
Mais qui c’est celui-là ? Il ne voit pas qu’il gène ? Mais c’est qu’il lui parle en plus ! Laisses tomber mec, ça sert à rien, elle t’écoute pas… Et si elle sourit, c’est juste par politesse, une femme comme ça a trop de délicatesse pour t’envoyer bouler d’une simple remarque assassine !... Et si elle prend ta main ce n’est que comme une mère celle de son fils, quand elle va lui expliquer quelque chose dure à assimiler, difficile à encaisser…
Et si elle t’embrasse ce n’est que… ce n’est que parce que…
……………………….
- Au fait, le prof de math, il a distribué les poly ce matin ?...
18:20 Publié dans 5 - Pissenlit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vie, poésie, humour, journal intime, *de tout et de rien*, écriture, blog
18.05.2007
Mise en boîte…
J’aime les boîtes. C’est comme ça et on y peut rien. Un état de fait.
Il y en a bien qui aiment les timbres, les tee-shirts de footballeurs, les chaussures vernies, les poupées, les instruments de musique, les antiquités, les sacs à mains… Les rapports humains. Les boîtes, elles, elles sont pour moi. D’où ça me viens, ça, j’en sais fichtre rien. J’imagine que c’était livré avec le reste, que ça faisait partie du package de livraison. Des cheveux blond, des yeux marrons, des petits seins ronds, et des boîtes sources de passion.
Celles que je préfère par dessus tout sont celles des autres. Quel secret se cache dedans ? Quel mystère renferment-elles ? Que dissimulent-elles aux yeux curieux du monde ? Jamais je ne demande. Je respecte le pacte.
Moi, dans mes boîtes, je met de tout. Parce qu’une boîte vide, c’est comme un corps sans son âme, ça sert à rien. L’essence même de la boîte c’est de contenir. Vide, elle est inutile, sans but, sans raison d’être. Alors moi, je m’en saisi, les rempli et leur donne ainsi un sens.
Des lettres d’amours de quinze ans, des bonbons à la menthe, des pâtes, des vieux clous rouillés, des graines de tournesol que je ne planterai jamais, des vieilles photos jaunis dont je ne connais pas les personnages, les restes d’un vase brisé un jour de colère ou de maladresse. Des boîtes qui contiennent des boîtes qui contiennent des boîtes qui contiennent… ? Des boîtes…
De grandes boîtes carrées en métal. De petites boîtes rondes en bois. Des tordues, des droites, des plates. Des boîtes minuscules qu’il faut ouvrir avec des pinces. Certaines brut, matériau primaire, et d’autres qui ne sont que le fruit de la patience de quelque artisan passionné et méticuleux.
Un jour, je donnerais un sens à une dernière boîte, quand mon corps aura perdu le sien.
11:35 Publié dans 2 - Rose | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : vie, poésie, humour, journal intime, *de tout et de rien*, écriture, blog
14.05.2007
quercus ilex
Je me suis assis sur mon petit banc de fer forgé, dans le jardin. Sans rien attendre de particulier. Juste être là, faire partie du monde, et profiter d’un petit moment où l‘agitation ambiante de ces vacances scolaires m’épargnent. Le temps que durera la sieste des petits, je profite...
J’inspire profondément pour humer l’air, pour m’imprégner de mon environnement, comme si j’aspirais par là même toutes les bonnes choses de ce monde. Tellement nombreuses, mais si facilement oubliées.
Le temps s’écoule toujours, à son rythme variable. Et je reste là coudes posés sur les genoux, dos à peine courbé par le recueillement. Je laisse les bruits de la ville s’éloigner tout doucement et se faire discrets pour ne pas gâcher mon après-midi de repos, cédant gentiment la priorité à d’autres, plus en adéquation avec mon état d’esprit. Un troupeau de grillons qui s’échinent à se disputer bruyamment leurs territoires, sans relâche. Le bruissement léger des hautes herbes qui ondoient avec légèreté. Quelques oiseaux qui manifestent gaiement contre la lourdeur de l’atmosphère en sifflotant quantité d’airs improvisés.
Il y a un petit vent d’Est aujourd’hui, qui ébouriffe mes cheveux déjà en bataille, imprimant un léger mouvement de balancement aux branches du chêne vert, qui m’accorde gracieusement un peu de son ombre.
Si je venais à mourir, j’aimerais que l’on m’enterre ici même, sous ce chêne plusieurs fois centenaire. Je sais bien que c’est impossible. Un interdit de plus.
Mais rêver, personne n’a encore eu le culot de me l’interdire, alors je rêve que je me dissous paisiblement, lentement, en lui. Faire corps, sève mêlée de sang coulant le long de ses ramifications, et partager avec lui, inaltérable, l’indifférence des années qui se succèdent.
18:56 Publié dans 5 - Pissenlit | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : vie, poésie, humour, journal intime, *de tout et de rien*, écriture, blog
12.05.2007
Mascarade...
J. est une jeune femme j’ai connu il y a quelques années de cela. J’étais étudiant à cette époque et coulais d’heureux jours qui s’écoulaient avec une nonchalance qui m’étais devenue familière. Cette jeune femme qui, je le précise inutilement, n’étais qu’une amie lointaine, une amie d’amis, une précise connaissance, m’a toujours stupéfié.
Stupéfié par sa grâce, par la vie pétillante qui émanait de sa personne. De ces femmes dont la seule présence vous illumine une pièce, et les visages de ses interlocuteurs. De ces personnes qu’il est impossible d’ignorer dans une assistance tant sa joie de vivre irradie autour d’elle, telle une aura merveilleuse et chaleureuse. Toute en sourire, en intensité, en éclat de rire, en vivacité d’esprit au point qu’on en deviendrait suspicieux…
Ce qu’il y avait en elle de charmant, hormis l’évidence de son regard clair, était l’ensemble de ces petites attentions qu’elle pouvait avoir pour chacun. Toujours le petit mot gentil et réconfortant au coin de ses lèvres. Toujours cette apparente joie lorsque vous la rencontriez après plusieurs jours, semaines, mois d’absence, comme si ce temps passé sans vous voir n’avait été pour elle qu’une attente pleine de l’espoir de vous revoir un jour.
J. était, comme si les qualités déjà énoncées n’étaient suffisantes, d’une nature fortement active. Pas du genre à rester en place plus de quinze minutes d’affilée, à s’affaler des heures durant devant une télévision statique quand c’était le passe temps favori de nombre d’entre nous. Non. Continuellement quelque chose à faire, quelqu’un à voir, un renseignement à obtenir, une association à soutenir, un événement culturel à suivre.
Une femme socialement aux limites de la perfection, relationnellement aux limites de l’addiction.
Mais J. fuyait. Quand à savoir quoi ou qui, l’histoire de le dit pas. Cela ne me regardait pas et ne me regarde pas plus aujourd’hui.
Mais c’est indéniable, toute cette énergie dépensée était et est celle du désespoir. Toute cette mascarade n’était et n’est que survie.
10:50 Publié dans 2 - Rose | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : vie, poésie, humour, journal intime, *de tout et de rien*, écriture, blog
10.05.2007
le mieux, c’est encore de rester soi-même...
N’avez-vous jamais reçu le conseil suivant : « le mieux, c’est encore de rester soi-même » ? Mais si bien sûr ! C’est l’un des plus usité puisque c’est le conseil le plus facile à prodiguer, répondant à toute une série de questions relationnelles existentielles : ‘comment plaire aux femmes (ou aux hommes, ou les deux)’, ‘comment se comporter en entretiens professionnel’, ‘je rencontre mes beaux-parents demain : que faire’ etc. Il y en a tant de cette sorte que je ne saurais en dresser une liste exhaustive.
Donc le mieux, c’est de rester soi-même, si l’on cherche amour, gloire et beauté. Enfin surtout l’amour, dans son sens le plus large, enjeu déterminant en ce début de millénaire. Bon, soit. Nous sommes magnifiquement bien avancés avec ça ! Ce conseil n’est en réalité que cadeau empoisonné car en découle le crucial, le vital, le primordial : ‘mais qui suis-je ?’. Panique assurée. Début de la fin.
Parce que nombreux sont ceux, du coup, qui se cherchent, qui veulent à tout prix savoir qui ils sont, connaître le contenu de leur substance intrinsèque. A cette fin - qui selon moult philosophes (notamment orientaux) constitue l’unique objectif de nos vies et une source intarissable de sagesse - ils expérimentent. Héritage cartésien oblige.
Ils expérimentent quoi ? Un peu tout en fait, le but étant uniquement de savoir ce que l’on a dans le ventre, connaître nos limites pour tenter de mieux appréhender le périmètre de notre âme. Certains sautent en parachute, d’autres s’engagent dans l’humanitaire, d’autre jouent les salauds, d’autres picolent au-delà de l’excès, certains jouent les ermites… Ce ne sont pas les idées qui manquent (là encore, dresser une liste exhaustive me paraît d’abord fastidieux, impossible ensuite).
Toute cette agitation dans l’unique volonté de savoir de quel bois nous sommes faits, pour pouvoir enfin mener une vie paisible. Il va de soi qu’en nous connaissant, nous pouvons d’autant plus aisément prendre conscience de la place qu’est la nôtre dans ce vaste univers qui nous intègre à lui. Vient alors le temps du présent et du désormais célèbre Carpe Diem, condition généralement admise par les plus grands penseurs ainsi que par l’opinion publique (double agrément qui n’est pas négligeable, puisqu’il donne toute la légitimité d’existence de cette idée toute bête, mais au combien pertinente) comme étant voie d’accès à la paix de l’âme et par là même sacrosaint au bonheur, tant espéré.
Mais il y a un ‘mais’, comme toujours. Ce qui est salvateur, les choses trop faciles perdant en valeur (l’important étant bien souvent non pas la destination, mais le chemin parcouru).
Et ce ‘mais’ peut être explicité de la façon suivante : pour se connaître, il faut expérimenter, MAIS (le voilà, le fameux !) en expérimentant nous modifions nécessairement notre essence puisque Dieu(-en-lequel-je-ne-crois-pas) merci, nous ne somme pas statues de cire, figées dans une existence immobile et sclérosée. Nous évoluons. Certes au niveau de l’espèce, génération après génération, mais également au niveau de l’individu, expérience après expérience.
Ainsi lorsque nous partons en expédition intérieur, à l’image d’un Indiana Jones mystique, à notre propre recherche, ce ‘moi’ s’en transforme et nous fuit, annihilant tous les fragments de réponse à des questions que nous croyons naïvement résolues, du moins en partie. Le ‘ça, c’est fait’ devient un ‘ça, c’est à refaire’.
C’est à ce moment précis que le serpent se mord la queue, le salaud, et que nous repartons pour une série d’expérience qui ne répondrons à rien, mais qui déboucherons sur encore plus d’interrogations. Chercher à se connaître est comparable à vouloir appréhender le futur dans sa globalité : nous avançons avec le présent vers ce futur intriguant sans jamais l’atteindre, puisque par définition, le futur possède toujours un temps d’avance sur le présent.
La seule solution envisageable serait alors de ne pas se poser la question du qui suis-je, elle n’a pas de réponse et nous plonge dans un tourbillon d’angoisses permanentes seulement apaisées par quelques éphémères illusions, rapidement évanouies dans le néant méandreux de nos inconscients (ce qui ne veut pas dire grand-chose, mais je trouve que ça sonne... Non ?).
Mais ne pas se poser cette question c’est retourner à l’animalité primaire de nos ancêtres, se contenter d’exister sans chercher à savoir comment et encore moins pourquoi (choix Cornélien s’il en est !).
De là à dire que la condition humaine dépend de ces angoisses existentielles qui nous condamnent à la vacuité de vies tourmentées il n’y aurait qu’un pas que je ne franchirais pas.
16:00 Publié dans 2 - Rose | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vie, poésie, humour, journal intime, *de tout et de rien*, écriture, blog
09.05.2007
Rues après rues...
Des heures et des heures de marche, d’errance. Des jours mêmes. Et certaines nuits, quand le sommeil se prend d’effarouchement, insaisissable et fuyant. Nombre de divagations, rues après rues, pour finalement se retrouver au point de départ. Des chimères qui s’effacent lorsque l’on s’approche. Pourtant, je ne leur voulais pas le moindre mal, juste les croiser, les creuser, et pourquoi pas, finir par les croire.
Errance sans but ? Bien au contraire ! Poursuite du but ultime. Recherche de l’universel, de la clé, de la panacée, du remède qui pourrait enfin calmer ces angoisses qui me tiraillent le ventre, me font tourner la tête et fatiguent mes petits mollets.
J’espérais me croiser, au coin d’un carrefour. J’espérais me rencontrer au détour d’une de ces rues cent fois parcourues. Me reconnaître pour m’estimer, me jauger de l’œil et me juger.
En vain !
Je n’ai vu que mon ombre…
17:57 Publié dans 5 - Pissenlit | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : vie, poésie, humour, journal intime, *de tout et de rien*, écriture, blog
07.05.2007
Paris sera toujours Paris…
… et avec l’accent Anglais s’il vous plait ! Pour le style...
Oui, je suis monté à la capitale ce week-end, en bon provincial que je suis. Un peu à reculons, je dois bien l’avouer. En m’agrippant autant que possible à chaque prise offerte, à chaque aspérité de la vie, à chaque faille argumentative, à tous les mauvais prétextes imaginables pour ne pas aller me mêler à une population massive, pressée, empressée, aigrie et agressive.
Non que je sois un campagnard réfractaire à l’agitation urbaine, aux préjugés stéréotypés sur la vie parisienne (quoique…), mais j’ai toujours éprouvé un certain malaise au milieu de la multitude touristique, une gêne face aux regards vides des banlieusards fatigués. Je préfère de loin et depuis longtemps le calme des villes de province.
Mais au fur et à mesure de ces deux derniers jours passés à arpenter les rues de la capitale, mon point de vue sur la localité parisienne à subi quelques modifications. Et je me suis aperçu au fil de mes pérégrinations pédestres que non seulement Paris n’était pas telle que je l’avais toujours vue, mais qu’en plus l’erreur de jugement était de mon fait.
Je m’explique… Jusque là, chaque fois que j’allais sur Paris, je me disais qu’il fallait en profiter un peu pour aller voir quelque monument remarquable, quelque endroit de brochure pour gens de passage, quelque incontournable site populaire jusque par delà nos frontières. Et fatalement, j’étais noyé dans la masse grouillante de ces gens qui parlent fort, appareil photo en bandoulière, gesticulant vainement, et se piétinant les uns les autres. Nécessairement en découlait lassitude, exécration, écœurements et rejet péremptoire, me confortant dans mon choix de vivre loin de toute cette agitation.
Mais le week-end dernier, pour une raison quelconque, je suis allé à la rencontre du Paris des parisiens. Celui de la vie de quartier, celui des petits commerces, celui des ruelles charmantes, celui où les gens se connaissent les uns les autres et vivent ensembles.
Alors j’ai trouvé la ville belle, agréable. Je déambulais tranquillement, mains en poches, sourire autonome, presque sifflotant, léger. Et j’ai commencé à apprécier cette ville que je voyais comme une mégalopole impersonnelle.
La prochaine fois, j’y retournerais avec plus d’enthousiasme que jamais.
17:40 Publié dans 4 - Narcisse | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : vie, poésie, humour, journal intime, *de tout et de rien*, écriture, blog




