15.01.2008
PP, consigne 61
La consigne était celle-ci :
http://coumarine2.canalblog.com/archives/__toutes_les_consignes/index.html
J’ai bien fait le tour de la question, suivant la courbe gracile de son point d’interrogation. Cela faisait des semaines déjà qu’elle se posait là, énigmatique, me harcelant de sa présence tenace. Elle se nourrissait, la vile, de mon indifférence feinte, grossissant, enflant, jusqu’à ce que je ne puisse plus l’ignorer d’un simple détournement de regard, comme il me plaisait tant. Il a donc bien fallu lui régler son compte.
La solution de l’équation était pourtant simple, mais, en femme-Platon sortant de sa caverne, j’étais aveuglée, apeurée par son évidence crue.
Ma décision s’est alors prise. J’étais trop éprise pour ne pas briser de douceur notre pacte, devenu au fil du temps le garant tacite de ces libertés que nous chérissions. C’était chez lui, c’était chez moi. Mais jamais, jamais quoiqu’il arrive, l’autre ne restait. Ce n’était que des rencontres provoquées au hasard, le croisement des entrelacs de nos vies. Nous partagions certes nos lits - et avec quel abandon ! - mais certainement pas nos nuits, de peur certainement que nos rêves ne se parasitent, comme tant de fois nous l’avions vécu. Lui autant que moi.
Nous avions du moins réussis à nous convaincre que c’était ce que nous recherchions.
Mais voilà, le temps ne nous demande pas notre avis – ou si peu - et il nous a liés l’un à l’autre plus que nous ne l’escomptions, endormant nos vigilances de ses baumes, engluant nos cœurs dans son ambre.
Hier soir je l’ai donc retenu, sans mot dire, d’une simple pression de la main sur son impressionnant biceps. Il n’a pas opposé grande résistance, comme s’il avait attendu le moment, se contentant de me sourire tendrement.
Puis il m’a serré de ses grands bras et nous nous sommes endormis.
Ce matin, pour la première fois depuis bien longtemps, c’est un rayon de soleil qui m’a réveillée, alors qu’il écartait les volets de notre chambre.
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18.12.2007
Coffee Time
Consigne n°60 de paroles plurielles http://coumarine2.canalblog.com/archives/2007/12/12/72121...
Et merde ! Elle est là, collée à la machine à café.
Mais non rougis pas, y’a pas de raison. Non mais franchement ! Surtout, fais pas ce regard du gars qui s’excuse. Marches droit vers la machine et sers-toi un bon kawa. Genre l’air de rien, tranquille.
Bon sang, pourquoi encore elle, hein ? Tu peux me le dire ? Y’a pas assez de femme dans cette boîte ? Je pari qu’elle le fait exprès. Ouais c’est exactement ça, tous les matins, elle m’attend. Elle va là où je vais aller. Ouais, c’est ça ouais, non mais tu rêves mon grand. Pour le coup, c’est juste ta bonne étoile qui est mauvaise joueuse. Elle insiste de trop. Une histoire de destin, ou de fatalité plutôt, quelque chose comme ça…
Mais quelque part, il est joueur le destin, il rajoute des handicaps, ce con. Et le mien, c’est que je ne peux pas lui parler à cette femme. Pas sans bafouiller ni rougir en tout cas. La honte quoi ! Pourtant j’adorerais, tu peux en être sûr… Parce qu’elle est mimi comme pas deux. Ouais, y’a pas photo, je dirais même qu’elle déchire tout. Un truc de dingue…
Bon, aller, arrête de réfléchir et dis-lui un truc classe. Ouais, enfin, c’est bien beau cette idée, mais le problème il n’est pas dans l’envie. Elle me lobotomise, un point c’est tout. Dès que je suis près d’elle, j’ai la tête vide. Aller bon dieu, c’est le moment, j’te dis ! Tu sors tes doigts de là où ils sont et tu te lances. Un petit ‘Salut’ déjà, c’est un toujours un début, et après, tu enchaines…
…ouais, non, je ne le sens pas, là. J’aurais dû venir plus tôt. Ou plus tard, c’est la même. Je l’aurais juste croisée dans le couloir. Un bonjour dans le couloir, comme ça, en coup de vent, ça passe. Mais à la machine à café c’est une autre paire de manches, j’aime autant te le dire ! Ca ne suffira pas…
Et voilà. T’as gagné ! A force d’y penser, on est plantés là à regarder en parallèle vers le parc. Que du bonheur ! On dit que s’aimer ce n’est pas se regarder l’un l’autre, mais que c’est regarder dans la même direction.
Ouais…ça doit être ça...
17:05 Publié dans Consigne Paroles Plurielles | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : vie, poésie, *de tout et de rien*, écriture, blog, littérature, nouvelles




